A new area for the physical galleries ?

La mondialisation a entrainé une plus grande « élitisation » du milieu de l’art car ce sont les mêmes collectionneurs et galeries qui sont invités à chaque manifestation. On assiste à une nomadisation des galeristes entrainant une fragilité de la galerie physique et mettan en péril l’impact de son enracinement géographique. Le fondateur du cabinet de conseil Philips du Pury qualifie ce mouvement de nouveau « cirque itinérant de l’art, qui toutes les semaines, voire tous les jours va planter ses chapiteaux dans un nouvel endroit » (Sesé, La Vanguardia, 09/03/14). A la suite de la fermeture de la 33ème édition de la Foire internationale d’art contemporain (ARCO) en tire les premiers bilans et constate que les galeristes, s’ils veulent continuer à exister, doivent participer à ces rendez-vous où se pressent ceux qui désertent leurs galeries : critiques, amateurs, collectionneurs. Les galeries sont de plus en plus désertes malgré le succès des foires. Un paradoxe se dessine d’emblée car ce succès que peut rencontrer un galeriste lors de foires s’accompagne souvent de la création d’un nouvel espace d’exposition à l’étranger pour une galerie. Quels intérêts peut encore trouver une galerie dans la création d’un espace si celui ci reste vide ?

        Brafa 2015 – photo personnelle
Ainsi les plus grandes galeries – grandes par leur poids économique – sont présentes dans les plus importants carrefours du marché de l’art que ceux sont New-York, Londres et Hong-Kong. La journaliste de la Vanguardia Teresa Sesé pose ainsi en ouverture de son
article “Les galeries d’art en voie d’extinction” du 9 mars 2014 l’interrogation sur l’avenir de la galerie physique et sur le tournant nécessaire qui s’impose à sa survie. Les enjeux qui se présentent sont donc ceux de fidéliser le client local qui passe quelques heures dans une foire afin qu’il intègre dans ses pratiques régulières celle en particulier de se rendre dans des galeries d’art. L’article donne un élément de réponse en pointant une «mercantilisation» de
l’art qui fait de tout client potentiel entrant dans une galerie un «porte-monnaie ambulant» : cela compromet tant chez le galeriste que le collectionneur le véritable goût pour l’art.

Un nouveau paramètre vient par ailleurs fragiliser l’avenir des galeries d’art : la digitalisation. Le marché de l’art est sans doute l’un des derniers secteurs resté à l’écart du tout numérique. Les start-up se multiplient comme Collectrium, Artsy, Auctionata ou Artbinder cependant. Les rapports annuels d’Hiscox sur l’utilisation du numérique dans le domaine de l’art montre chaque année la croissance des images pour vendre et acheter des oeuvres, gérer sa collection à distance. On relèvera que plus de 80% des oeuvres d’art sont acquises suite à la simple vue d’une image JPEG – lors de foire sur une tablette, à distance, voire même dans une galerie.

Ainsi le marché de l’art devient une suite d’événements internationaux assez divers pour couvrir l’ensemble du marché depuis les oeuvres d’amateurs jusqu’aux plus importantes ventes aux enchères organisées chaque automne et chaque printemps chez Christie’s et Sotheby’s. Le marché est ainsi rythmé, temporisé et fragmenté temporellement et spatialement. Le digital introduit de nouveaux défis aux marchands et professionnels de l’art.

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