Le white cube : la symbolique de l’espace d’exposition

L’intérieur des galeries d’art obéissent le plus souvent dans le cas de l’art contemporain au modèle white cube. Cette tendance née dans les années 1960 a pour objectif de créer une atmosphère aseptisée, muséale à l’intérieur de la galerie.

Le white cube consiste à peindre l’ensemble des murs, des poutres éventuelles, le comptoir de la galerie en blanc. Les oeuvres sont ainsi mises en valeur, ne troublant pas le spectateur par un quelconque parasite visuel. Brian O’Doherty a théorisé dans les années 1970 le white cube dans son ouvrage intitulé le white cube, l’espace de la galerie et son idéologie.

L’espace de l’oeuvre : espace sacré

D’abord l’espace d’une galerie n’est pas neutre mais un construit historique, objet esthétique en lui-même. La galerie passe alors d’un espace animé à un espace contemplatif (Verlaine, 2008). L’espace met en avant la sacralité de l’oeuvre par son aspect immaculé et silencieux.DSCN0850

                       Galerie Gagosian (Le Bourget) – photo personnelle (2014)

O’Doherty compare à une tombe sacrée l’espace intérieur de la galerie car le temps ne semble avoir aucune prise sur lui. Cela renforce la qualité intemporelle de l’oeuvre dans un sens économique et politique (Scheick, 2009). La galerie est un espace qui assure l’immortalité des valeurs d’une certaine classe sociale de la même façon qu’il incite à l’investissement économique pour les amateurs qui y voit une valeur refuge. Le white cube établit une dichotomie cruciale entre ce qui reste à l’exterieur (le social et le politique) et ce qui se trouve à l’intérieur (la stabilité de la valeur de l’art) ce que O’Doherty critique.

Le directeur de la foire de Bâle Marc Spielger insite sur le “géopsycho-graphique” et affirme que les données spatiales et géographiques d’une galerie peuvent déterminer l’état d’esprit du galeriste. Ainsi ne sont admises à Art Basel uniquement les galeries ayant un espace physique et organisant des expositions pour leurs artistes.

Des espaces vides

De nombreux collectionneurs souhaitent que les galeries auxquelles ils sont de fidèles clients existent même s’ils y viennent physiquement peu (Gopnick, 2013). Penser en ces termes cependant biaise la vocation première de la galerie qui se transforme alors en un espace bureaucratique de transaction comme peut l’être une banque privée (Gopnick, 2013). Le white cube contribuerait à renforcer cette tendance. Comme si après s’être vidée de son mobilier au début du 20ème siècle, la galerie doit inéluctablement se vider de ses clients qui fréquentent davantage le stand de la galerie dans une foire…

En savoir plus sur Brian O’Doherty : http://www.e-flux.com/journal/positively-white-cube-revisited/

Biographie : http://www.stoneyroadpress.com/artists/brian-o-doherty-patrick-ireland/

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