Pantin comparé à Brooklyn

Depuis l’installation des atelier Hermès à Pantin en 2012 et l’ouverture de la galerie d’art contemporain Thaddeus Ropac, la ville de Pantin se rêve en Brooklyn français. La ville devient en peu de temps le quartier branché à l’écart des quartiers agités du centre de Paris, mettant en valeur son impressionnant patrimoine industrielle comme les Grands Moulins de Pantin. Le développement des lieux culturels à Pantin est similaire au développement en îlot ayant lieu au sein d’un quartier en pleine mutation. Ce modèle peut être formalisé à partir du cas de la friche “Les Frigos” dans le 13ème arrondissement (Aubouin, Coblence, 2010). Il consiste en la réhabilitation “autonome et informelle, au sein d’un quartier en pleine transformation architecturale et économique” (Aubouin, Coblence, 2010 : 92). Bien que l’ensemble des activités comme la galerie Ropac se sont implantées de manière tout à fait formelle, Pantin se rapproche de ce modèle.

La spécificité de Pantin est liée à son histoires des politiques publiques ; depuis le front populaire elles maintiennent le dialogue avec beaucoup d’artistes. Les friches industrielles sont désormais devenues pour les institutions dirigeantes une vitrine (Gravari-Barbas, 2004). La municipalité de Pantin met largement en avant dans ses discours ce dynamisme comme outil de marketing et comme appât pour les investisseurs. Bertrand Kern, maire de Pantin, réélu en mars 2014 a repris la comparaison du Financial Times “Pantin, nouveau Brooklyn”. Il a lui-même demandé à Chanel de revenir à Pantin en mettant en avant les racines pantinoises de Bourgeois associé au Groupe.

Galerie Thaddeus Ropac (Pantin)         Galerie Thaddeus Ropac (Pantin)

Photo personnelle

Le 18 janvier dernier, Madame Figaro reprend cette comparaison récurrente dans les discours des promoteurs à Pantin en confirmant l’évolution de l’ancienne cité ouvrière. Dans les faits, la municipalité de Pantin a su préserver la mixité du territoire assurant une avenir bien différent de celui de Brooklyn.

La comparaison de Pantin à Brooklyn tient surtout dans leur étonnante temporalité. L’un et l’autre sont animés principalement le week-end. Les amateurs d’art profitent de la présence de certaines galeries pour prolonger leur promenade sur les bords du canal de l’Ourcq et jusqu’à la Villette.

Pantin est également une ville de la mode. Les ateliers Hermès y ont une place incontournable de même que Chanel et l’ensemble des métiers d’art liés au luxe comme les brodeurs Lesage, les plumassiers Lemarié, le façonnier Paloma et l’orfèvre Goossens.

Dans tous les cas, Pantin bénéficie de l’affluence des touristes américains retrouvant le confort des lofts de Brooklyn tout en étant très proche du centre de Paris comme le souligne Pauline Pellissier dans un article de Grazia le 2 février 2016.

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