La fin possible du trafic d’objet d’art ?

La deuxième source de financement de Daesh serait le trafic et la revente d’objet d’art s’élevant selon Bertrand Fraysse à presque $100M.

Challenges nous informe notamment sur la manière dont Daesh organise le trafic des objets dont certains se retrouvent dans des maisons de ventes ou dans des galeries. L’année dernière, des autorisations de fouilles délivrées par un département d’Antiquité ont été retrouvées chez l’un des dirigeants de Daesh. L’organisation prélevait ensuite “une dîme de 20% à 50%” sur le produit des fouilles”. Daesh possède son propre réseau d’archéologues et dispose de nombreux outils accélérant les fouilles.

Les pays limitrophes et les Pays du Golfe devraient permettre de réguler ce trafic avant leur entrée dans les centres marchands d’Europe. Un certain nombre de bas relief en provenance de Palmyre ou de musées syriens ont été interceptés au Liban et en Turquie par exemple mais beaucoup d’objet acquirent une nouvelle origine suite à un passage en foire.

Le trafic d'oeuvres d'art au Moyen Orient

La discrétion habituelle des pays occidentaux dans le marché de l’art engendre un silence autour de la disparition et de la circulation des objets qui peuvent réapparaitre librement quelques années plus tard. L’importance croissante accordée au numérique dans la visibilité, la traçabilité et l’authentification des oeuvres d’art permettra t-elle de protéger davantage le marché d’une discrétion parfois fatale ?

Daniel Hazdaï, ancien commissaire de Police, penche également pour cette hypothèse. Selon lui, le Big data serait  la solution vers laquelle il faut désormais investir afin de pouvoir confronter la base de données des oeuvres volées avec un objet en vente. Depuis l’éclatement spatial du marché de l’art et sa globalisation, il devient difficile de poursuivre des inventaires manuels, connus seulement de quelques experts.

Le Ministre des Finances Michel Sapin avait pour sa part interdit en France par l’intermédiaire du Syndicat National des Antiquaires la vente d’objets en provenance de Syrie ou d’Irak. Sur le marché, les incertitudes quant à la provenance des objets engendrent une baisse des prix et un effondrement de la demande.

Souvent la meilleure garantie pour un objet de collection est celle conférée à celui-ci par l’intégrité de son propriétaire. Le marché de bronze – sujet à la circulation de nombreuses copies – repose en grand partie sur la fiabilité des collectionneurs. Le directeur du Louvre Jean-Luc Martinez précise dans l’Express que la traçabilité d’une antiquité doit être realisée jusqu’en 1970 avant d’être acquise. Si ce n’est pas possible – faute de documents par exemple – il faut renoncer à l’acquisition.

Le sujet est dans tous cas assez grave pour que certains souhaitent que la destruction du patrimoine soit qualifiée de crime contre l’humanité. Dans tous les cas, les solutions liées au Big Data et plus largement le numérique permettraient de fluidifier la circulation des objets d’art et diminuer celui des objets volés.

Source principales :

Fraysse Bertrand, “La vérité sur le trafic d’Antiquités de l’État Islamique”,  Challenges, 22 fev 2016.

Meignan Géraldine, “Trafic d’Antiquités : l’ombre de Daesh sur le marché de l’art”, L’express, 28 août 2015.

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